
3 – La Créatrice ~ Celle qui conçoit, porte et met au monde
Les mots-clés
TERRITOIRE
Fécondité ~ Expression
MOUVEMENT
Création ~ Communication
BLOCAGE
Infertilité ~ Matriarcat
LIBÉRATION
Mettre au monde ~ Transmission
Les archétypes associés
La mère ~ la femme enceinte ~ la femme féconde ~ la génitrice ~ la créatrice ~ la conceptrice ~ l’artiste ~ l’autrice ~ l’écrivaine ~ la communicante ~ l’oratrice ~ la messagère ~ l’intellectuelle ~ la femme d’idées ~ la porteuse de projet ~ l’entrepreneuse ~ la fondatrice ~ la dirigeante ~ la sage-femme ~ celle qui met au monde ~ celle qui donne forme à une idée ~ celle qui fait naître un projet ~ celle qui nourrit une création ~ celle qui transmet par la parole ~ celle qui rend visible ce qui était encore en germe ~ celle dont le droit de créer a été confisqué
Ce que je porte :
Je suis La Créatrice. Je suis celle qui porte la vie. Pas seulement un enfant dans son ventre. Une idée, un projet, une parole, une œuvre. Quelque chose qui existait en moi avant même que je sache comment le nommer. Quelque chose qui voulait sortir, prendre forme, exister dans le monde.
Et pourtant, quelque chose freine. Parfois c’est le corps qui ne répond pas. Malgré le désir, malgré l’amour, malgré les tentatives. Un ventre qui attend. Des espoirs qui naissent et s’éteignent. Une grossesse qui commence et s’interrompt trop tôt. Cette douleur là est réelle, profonde, et souvent portée en silence. Parce qu’on ne sait pas quoi dire à quelqu’un dont le ventre reste vide. Parce que la souffrance de ne pas pouvoir créer la vie est l’une des plus intimes qui soit.
Parfois c’est autre chose qui bloque. Juste avant d’aboutir. Juste avant de se montrer. Juste avant que ce qu’on porte devienne visible. On prépare sans jamais lancer. On commence sans jamais finir. On garde ses créations secrètes comme si les exposer au monde les mettait en danger. Comme si se mettre en danger, soi.
Peut-être que quelqu’un avant toi a failli mourir en donnant la vie. Au XVIIe siècle, une femme sur dix-huit mourait en couches au cours de sa vie. Chaque naissance était un pari sur la mort. Ces femmes aimaient leurs enfants avant même de les voir. Et certaines ne les ont jamais vus. Elles ont donné la vie au prix de la leur. Et cette mémoire là voyage encore. Dans cette peur viscérale qui arrive juste au moment de mettre quelque chose au monde. Dans ce corps qui associe inconsciemment la création à la menace. Dans cette conviction silencieuse que créer coûte trop cher. Que pour donner la vie à quelque chose il faut y laisser une partie de soi. Ou tout.
Peut-être que quelqu’un avant toi a porté la douleur d’un enfant qui n’est pas venu. Une fausse couche jamais pleurée. Une grossesse interrompue par nécessité, dans la clandestinité, avec la peur et la honte pour seules compagnes. Des femmes qui ont dû faire des choix impossibles dans un monde qui ne leur laissait aucune option. Les faiseuses d’anges aidaient d’autres femmes dans l’ombre, au péril de leur vie. Et ces enfants non nés, ces grossesses interrompues, ces deuils jamais reconnus laissent une empreinte dans les lignées. Dans cette ambivalence face à la maternité. Dans ce corps qui ne sait plus s’il a le droit de désirer ou de refuser. Dans cette culpabilité diffuse autour de tout ce qui touche à la création et à la vie.
Peut-être que quelqu’un avant toi n’avait pas le droit de créer. Légalement. Concrètement. Juridiquement. Sous le Code Napoléon de 1804, une femme mariée ne pouvait pas signer un contrat, ouvrir un commerce, gérer ses propres biens sans l’autorisation écrite de son mari. Si elle travaillait, c’est lui qui touchait son salaire jusqu’en 1907. Ce n’est qu’en 1965, la génération de nos mères, qu’une femme a pu ouvrir un compte bancaire seule. Ces femmes n’ont pas transmis la peur par faiblesse. Elles l’ont transmise parce que cette peur les avait sauvées. Entreprendre était suspect. Gagner son propre argent était dangereux. Être visible était une menace. Et cette équation de survie circule encore dans les corps, dans les hésitations, dans cette voix qui dit toujours non juste avant de dire oui.
Mais La Créatrice a aussi une face que l’on nomme moins souvent. Celle de la femme qui a tellement donné qu’elle attend maintenant que tout lui revienne. La mère qui aime si fort qu’elle étouffe. La matriarche qui a tout sacrifié pour sa famille et qui, sans le vouloir, fait peser ce sacrifice sur chaque membre du clan. Elle ne demande pas de remerciements en mots. Elle les prend autrement. Par la culpabilité qu’elle instille. Par les décisions qu’elle continue de prendre pour les autres bien au-delà du moment où ils avaient besoin d’elle. Par cet amour qui protège mais qui retient. Qui nourrit mais qui enchaîne. Cette femme là a souffert réellement. Elle a donné réellement. Et c’est précisément pour cela que sa puissance créatrice s’est retournée en contrôle. Parce qu’elle n’avait pas d’autre façon d’exister que par ce qu’elle donnait aux autres. Et ses descendants portent cela aussi. Cette loyauté étouffante. Cette difficulté à partir sans trahir. Ce sentiment qu’aimer c’est se soumettre ou soumettre.
Peut-être que ton corps porte aussi d’autres histoires. Celles des femmes dont le corps a été utilisé sans leur consentement, dont le désir a été confisqué, dont la féminité a été blessée avant même d’avoir pu s’épanouir. Ces mémoires là aussi bloquent la créatrice. Parce que créer c’est s’exposer. Parce que créer c’est exister pleinement dans son corps et dans sa puissance. Et quand le corps a appris que s’exposer était dangereux, que exister pleinement attirait la destruction, il freine. Il retient. Il garde en lui ce qui voulait sortir.
Je porte tout cela. La femme qui a failli mourir en accouchant. Celle qui voulait un enfant et dont le ventre est resté vide. Celle qui créait en secret par peur d’être condamnée. Celle qui n’avait pas le droit de signer, d’entreprendre, d’exister sans permission. Et celle qui a tout donné jusqu’à ne plus savoir où elle finissait et où commençaient les autres. Ces loyautés invisibles me disent encore aujourd’hui : reste petite, ou au contraire, tiens tout. Cache ce que tu crées, ou fais en sorte que personne ne puisse rien créer sans toi.
Quand tu tires cette carte, demande-toi : qu’est-ce qui cherche à naître en toi et que tu retiens encore ? Est-ce un enfant, un projet, une parole, une vie que tu n’oses pas encore mettre au monde ? Ou est-ce que tu portes à ta place celle d’une femme qui a tout donné sans jamais pouvoir recevoir ? Et si ce que tu gardes en toi n’attendait que ta permission pour exister, librement, sans que ça coûte la vie ?
LES MÉMOIRES DE CETTE CARTE
Ce que La Créatrice peut réveiller en toi
Derrière cette carte vivent trois grandes mémoires transgénérationnelles. Lis leurs noms lentement. L’une d’elles résonne peut-être plus fort que les autres. C’est elle qui t’appelle. Clique pour la découvrir.
Pour aller plus loin :
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